Vérificateur de conformité des cryptomonnaies en Chine
En 2025, posséder ou échanger des cryptomonnaies en Chine est illégal. Ce n’est pas une simple restriction, ni une zone grise administrative : c’est une interdiction totale, appliquée avec rigueur depuis le 1er juin 2025. La Chine est devenue le pays au monde avec la politique la plus stricte contre les actifs numériques décentralisés. Ce n’est pas une question de délai ou d’attente : si vous êtes en Chine, vous ne pouvez pas acheter, vendre, miner ou même conserver des bitcoins, ethereum ou toute autre cryptomonnaie sans enfreindre la loi.
De l’enthousiasme à l’interdiction totale
Il y a dix ans, la Chine était l’un des premiers pays à adopter les cryptomonnaies. Des centaines de mines de bitcoins fonctionnaient dans le Xinjiang et le Sichuan, alimentées par l’énergie hydroélectrique bon marché. Des plateformes comme Huobi et OKX étaient parmi les plus grandes au monde. Mais tout a changé. En 2017, la Banque populaire de Chine a interdit les ICO. En 2021, elle a banni les échanges de cryptomonnaies. Et en juin 2025, elle a étendu cette interdiction à toute forme d’activité liée aux cryptomonnaies, y compris la simple possession.
Le décret n°237, publié en mai 2025, classe toutes les activités de cryptomonnaie comme des « activités financières illégales ». Cela inclut : échanger des yuans contre des bitcoins, fournir des prix de marché pour les cryptos, agir comme intermédiaire pour des transactions, ou même promouvoir des projets crypto sur les réseaux sociaux. Même les sites web qui affichent des prix de crypto sont ciblés. Les autorités ont fermé plus de 10 000 sites et comptes de médias sociaux liés aux cryptomonnaies en moins de six mois.
Les conséquences pour les particuliers
Si vous détenez des cryptomonnaies sur un portefeuille privé en Chine, vous ne serez pas arrêté immédiatement. Mais vous n’aurez aucune protection légale. Si vous êtes victime d’une arnaque, vous ne pourrez pas porter plainte avec succès. Les tribunaux chinois refusent systématiquement les réclamations liées aux cryptomonnaies depuis 2022, car ils considèrent que le contrat sous-jacent est nul. Vos bitcoins ne sont pas un bien protégé : ils sont traités comme une marchandise virtuelle, sans valeur juridique.
Si vous vendez des cryptomonnaies ou en utilisez pour payer des biens, vous risquez des amendes administratives, la confiscation de vos avoirs, et dans les cas graves - notamment si les autorités jugent que c’est une forme de « collecte illégale de fonds » - vous pouvez être poursuivi pénalement. Cela s’applique à tous : Chinois, expatriés, touristes. Un Américain en voyage à Pékin qui utilise un portefeuille crypto pour payer un hôtel peut se voir confisquer ses fonds et être expulsé.
Le mining, une activité interdite
La Chine était autrefois le cœur mondial du minage de bitcoins. Aujourd’hui, il n’existe plus aucune mine légale. Les autorités ont démantelé les installations, coupé l’électricité, et même utilisé des drones pour détecter les centres de minage cachés dans des entrepôts ou des fermes. Le minage est interdit parce qu’il consomme trop d’énergie - un argument officiel, mais aussi un moyen de contrôler les flux financiers. Les machines de minage sont saisies, et leurs propriétaires peuvent être condamnés à des amendes équivalentes à plusieurs années de salaire.
Blockchain oui, crypto non
La Chine ne rejette pas la technologie derrière les cryptomonnaies. Elle soutient activement la blockchain - mais uniquement si elle est contrôlée par l’État. Les entreprises publiques et les grandes banques utilisent la blockchain pour tracer les chaînes d’approvisionnement, vérifier les certificats d’origine, et améliorer la transparence des paiements gouvernementaux. Mais cette technologie est centralisée, surveillée, et pilotée par des entités étatiques. La distinction est claire : la blockchain est un outil d’efficacité ; les cryptomonnaies sont une menace à la souveraineté financière.
Le digital yuan : l’alternative d’État
La Chine n’interdit pas les monnaies numériques - elle en crée une propre. Le digital yuan, ou e-CNY, est une monnaie numérique de banque centrale (CBDC) lancée en 2020 et déployée dans plus de 200 villes. Il fonctionne via une application officielle, liée à votre identité nationale. Tous les paiements sont traçables. Il n’y a pas d’anonymat. Il n’y a pas de décentralisation. Et il n’y a pas de volatilité. Le gouvernement pousse activement son adoption : des primes sont offertes pour l’utiliser dans les marchés, les transports, et même les écoles. Les entreprises doivent désormais accepter l’e-CNY comme moyen de paiement.
Le message est clair : si vous voulez une monnaie numérique, ce sera la nôtre. Pas une autre. Le digital yuan permet au gouvernement de contrôler les flux monétaires, d’empêcher le blanchiment d’argent, et d’éviter que les citoyens ne fuient vers des actifs hors du système bancaire traditionnel.
Hong Kong : une exception dans l’ensemble
À Hong Kong, la situation est différente. Bien que faisant partie de la Chine, Hong Kong conserve son propre système juridique et financier. En mai 2025, le territoire a adopté une loi sur les stablecoins, permettant aux entreprises de les émettre sous licence, à condition qu’elles soient garantis par des réserves en monnaie fiduciaire et soumises à un contrôle rigoureux. Cela fait de Hong Kong un hub pour les services crypto en Asie - mais uniquement pour les activités hors Chine continentale. Une entreprise basée à Hong Kong ne peut pas vendre ses services crypto à des clients situés à Shanghai ou à Guangzhou. La frontière est technique, mais aussi juridique.
Pourquoi une telle dureté ?
La Chine ne fait pas cela par caprice. Elle agit pour protéger trois choses : son contrôle financier, sa stabilité économique, et sa souveraineté. Les autorités craignent que les cryptomonnaies ne permettent aux citoyens de contourner les restrictions de change, de blanchir de l’argent, ou de financer des activités illégales. Elles craignent aussi que les prix volatils des cryptos ne créent des bulles financières, comme celles qui ont secoué les marchés en 2017 et 2021.
En interdisant les cryptomonnaies, la Chine élimine un concurrent à son propre système. Elle empêche les gens de choisir une alternative à la banque d’État. Elle réduit les risques de fuite de capitaux. Et elle renforce la position du yuan dans le système mondial - en particulier face au dollar américain.
Que faire si vous êtes en Chine ?
Si vous êtes résident, expatrié, ou voyageur en Chine, la règle est simple : ne touchez pas aux cryptomonnaies. Ne les achetez pas. Ne les vendez pas. Ne les miniez pas. Ne les utilisez pas pour payer. Même si vous les avez déjà, ne les déclarez pas. Les autorités ne demandent pas de déclaration - elles surveillent. Les portefeuilles sont traqués par les fournisseurs de services Internet et les banques. Les transactions avec des plateformes étrangères sont bloquées par le Grand Firewall.
Les seules options légales sont : utiliser le digital yuan pour vos paiements quotidiens, ou garder vos économies en yuans physiques ou dans des comptes bancaires traditionnels. Il n’y a pas de tierce voie.
Et demain ?
Il n’y a aucun signe que la Chine va assouplir sa position. Au contraire. Le décret de 2025 est le point culminant d’une stratégie de 8 ans. Les autorités ont investi des milliards dans la surveillance numérique, la technologie de traçage des transactions, et la promotion du digital yuan. L’objectif n’est plus de réguler les cryptomonnaies : c’est de les éradiquer complètement du territoire chinois.
Les experts estiment qu’il faudrait un changement politique majeur - comme une réforme du système bancaire ou une crise économique profonde - pour que la Chine revienne sur sa position. Ce n’est pas envisageable avant 2030, et même là, ce serait probablement pour autoriser un système centralisé de « crypto d’État », pas une cryptomonnaie décentralisée comme le bitcoin.
La Chine a fait son choix : la monnaie numérique, oui. La liberté financière, non.
Tainá Viviane
novembre 22, 2025 AT 00:50Cette interdiction est logique. La Chine protège ses citoyens des arnaques, de la spéculation sauvage et de l’évasion fiscale. Les cryptomonnaies ne sont pas de l’argent, c’est de la spéculation habillée en technologie. Et la souveraineté monétaire ne se négocie pas.
Je trouve choquant que certains encore pensent que la liberté financière signifie pouvoir perdre tout son argent en 48h.
Frederic von
novembre 23, 2025 AT 10:44J’ai vécu à Shanghai en 2022 et j’ai vu comment les gens ont dû fermer leurs portefeuilles. C’était triste. Beaucoup avaient investi leur épargne. Mais je comprends aussi pourquoi le gouvernement a réagi. Le digital yuan, c’est comme un compte bancaire ultra-contrôlé… mais au moins, tu sais que ton argent est là.
Je ne dis pas que c’est parfait, mais c’est une vision cohérente. Pas de chaos, pas de bulles, pas de fuites. Juste un système stable. Parfois, la sécurité vaut plus que la liberté.
Collin T.
novembre 23, 2025 AT 17:56Oh bien sûr, la Chine n’est pas totalitaire non plus, juste un peu… étrange. Interdire les bitcoins mais autoriser les drones pour traquer les mineurs dans les fermes, c’est du cinéma d’horreur technologique.
Et puis bien sûr, le digital yuan, c’est le vrai « crypto » : traçable, surveillé, et avec un bouton « bloquer le citoyen » en bas à droite. Bravo l’avenir.
Je vais acheter une brouette et un sac de billets de 100 yuans, ça me paraît plus fiable.
Thierry Mangin
novembre 23, 2025 AT 18:25Et vous croyez vraiment que c’est pour la stabilité ? Non c’est pour contrôler chaque centime que vous dépensez. Le digital yuan c’est le début du système de crédit social total. Demain, si tu achètes un livre sur la liberté, ils vont te bloquer ton compte. Tu penses que les cryptos sont dangereuses ? Attends qu’ils voient que tu lis des livres interdits.
Le Grand Firewall, c’est juste le début. La surveillance financière, c’est la suite. Et après ? La pensée contrôlée. Je vous le dis, on est en train de vivre la plus grande manipulation de l’histoire.
Ne vous fiez à personne. Pas même à votre banque.
maxime plomion
novembre 25, 2025 AT 18:25Interdiction totale = efficace. Pas de débats. Pas de loopholes. Pas de faux espoirs.
Le digital yuan est la seule option légale. Point.
Les gens qui veulent des cryptos vont devoir partir. Ou se taire.
Rene Gomez
novembre 26, 2025 AT 18:15Je sais que beaucoup disent que c’est une dictature financière mais bon… j’ai vu ce que ça fait quand les gens investissent dans des coins sans fondement. Des gens qui ont mis leur retraite dans Dogecoin. Des familles entières qui se sont endettées pour miner des bitcoins dans des garages. La Chine a juste dit : assez. Pas de place pour la folie financière. Le digital yuan, c’est comme une caisse d’épargne avec un GPS. Tu sais où ton argent est, tu sais qui l’a utilisé, et tu sais qu’il ne va pas disparaître en une nuit. C’est pas sexy, mais c’est rassurant. Et franchement, après 2021, qui peut encore dire que les cryptos sont stables ? Moi j’ai vu des gens pleurer parce qu’ils avaient perdu 80 % de leur patrimoine en trois semaines. La Chine, elle, a choisi de protéger ses gens. Même si c’est un peu brutal. Parfois, c’est ce qu’il faut.
Anne Georgiev Longuet
novembre 28, 2025 AT 09:12JE NE COMPRENDS PAS COMMENT ON PEUT ENCOURAGER UNE TELLE OPPRESSION !
On va interdire la liberté financière pour protéger qui ? Les banques ? Les bureaucrates ?
Les gens ont le droit de choisir !
Le digital yuan, c’est une prison numérique !
Et Hong Kong, c’est le dernier souffle de liberté en Asie !
On ne peut pas laisser ça se propager !
James Angove
novembre 28, 2025 AT 10:45La Chine a fait un choix 💪
Et franchement, c’est courageux 🚀
Le digital yuan, c’est l’avenir 🌐
Les cryptos, c’est du passé 📉
On passe à autre chose ! 🙌
Paris Stahre
novembre 29, 2025 AT 20:11L’idée que la Chine puisse être considérée comme un modèle est révélatrice de l’abîme dans lequel se trouve la pensée occidentale. La souveraineté monétaire n’est pas un droit, c’est un privilège d’État. Et l’État chinois, dans sa sagesse, a choisi de l’exercer. Les citoyens ne sont pas des clients. Ils sont des composants. Et la blockchain, elle, est un outil de gestion. Pas une révolution. C’est élégant. C’est rationnel. C’est… parfaitement banal.