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Économies potentielles
En 2025, plus de 600 000 Bangladais utilisent Binance chaque jour, malgré le fait que le gouvernement interdise catégoriquement les cryptomonnaies. Ce n’est pas un petit groupe de technophiles. Ce sont des travailleurs, des commerçants, des étudiants et des familles qui trouvent dans les cryptos une issue à un système financier rigide, lent et coûteux. Le Bangladesh fait partie des dix pays au monde où les cryptomonnaies sont totalement interdites - avec la Chine, l’Égypte, le Népal et la Tunisie. Pourtant, ici, l’interdiction n’a pas arrêté l’adoption. Elle l’a simplement poussée dans l’ombre.
Une interdiction sans loi claire
Le Bangladesh n’a jamais voté une loi spécifique pour interdire les cryptomonnaies. Au lieu de ça, il utilise des lois vieilles de décennies pour les bloquer. Le Bangladesh Bank, la banque centrale, a commencé à avertir les citoyens en 2014 que les transactions en Bitcoin violaient la Foreign Exchange Regulation Act de 1947 et la Money Laundering Prevention Act de 2012. En 2025, la position n’a pas changé : les cryptomonnaies ne sont pas reconnues comme monnaie légale. Elles ne sont pas illégales par une loi écrite, mais leur usage est considéré comme une infraction financière.Cela crée un paradoxe juridique. Personne ne sait exactement ce qui est punissable. Est-ce d’acheter du Bitcoin ? De le conserver ? De le vendre à un ami ? La banque centrale dit que tout cela est interdit. Mais il n’y a pas de procès type, pas de peines claires, pas de campagnes de sensibilisation. Alors, les gens continuent. Ils ne voient pas la loi comme un obstacle réel - juste un avertissement lointain.
Comment les Bangladais achètent des cryptos malgré l’interdiction
Les méthodes sont simples, efficaces et difficiles à bloquer. La première : les cartes bancaires. Beaucoup utilisent leur carte de crédit ou de débit pour acheter des cryptos sur Binance avec des dollars américains. Les banques voient les transactions, mais elles ne les bloquent pas systématiquement. Pourquoi ? Parce que les fonds passent par des plateformes étrangères, et les banques locales n’ont pas les outils pour les identifier comme crypto.La deuxième méthode, bien plus répandue : les agents locaux. Dans chaque quartier de Dhaka, Chittagong ou Sylhet, vous trouvez des hommes ou des femmes qui agissent comme des courtiers. Ils acceptent des taka en espèces, puis transfèrent des bitcoins ou des tether (USDT) sur un portefeuille Binance. Ils prennent une commission de 1 à 3 %. Pour les utilisateurs, c’est plus facile que d’attendre trois jours pour un virement international. Pour les commerçants, c’est la seule façon d’envoyer de l’argent à leur famille en Malaisie ou en Inde sans payer 15 % de frais bancaires.
Les applications comme Binance et KuCoin sont toujours disponibles sur le Google Play Store. Le gouvernement n’a pas bloqué les app stores. Il n’a pas non plus forcé les fournisseurs d’accès internet à filtrer les sites de crypto. Alors, les Bangladais téléchargent l’appli comme ils téléchargent TikTok ou WhatsApp. La technologie est plus rapide que la loi.
Les risques sont réels - mais les gens les prennent quand même
Les autorités avertissent : utiliser des cryptos, c’est risquer d’être accusé de blanchiment d’argent ou de financement du terrorisme. Le Financial Intelligence Unit (FIU) surveille les mouvements suspects. En 2024, 17 personnes ont été arrêtées pour avoir transféré plus de 50 000 dollars en USDT. Mais ces cas restent rares. Sur 600 000 utilisateurs, combien ont été poursuivis ? Moins de 50. Le risque est là, mais il est faible.Et puis, il y a les conséquences invisibles. Les entreprises qui veulent importer des produits depuis l’Inde ou la Chine ne peuvent pas payer en crypto. Elles doivent passer par des banques qui exigent des documents en papier, des délais de 7 à 15 jours, et des frais cachés. Beaucoup de petites entreprises préfèrent payer en crypto via un agent. C’est plus rapide, plus transparent, et plus économique. Elles prennent le risque légal - mais elles sauvent leur activité.
Le paradoxe du blockchain
Le gouvernement bangladais ne déteste pas la technologie. En 2020, il a publié une National Blockchain Strategy pour moderniser les services publics, améliorer la traçabilité des impôts et réduire la corruption. Il investit dans des projets de blockchain pour les registres fonciers et les pensions. Mais il refuse catégoriquement les cryptomonnaies. Pourquoi ? Parce qu’il confond la technologie et l’argent.C’est comme interdire les voitures parce que certains les utilisent pour voler. La blockchain est un registre décentralisé, sécurisé et transparent. Les cryptomonnaies sont juste une application. Le gouvernement veut le registre, mais pas la monnaie. C’est une contradiction. Les experts comme le professeur B.M. Mainul Hossain, de l’université de Dhaka, le disent clairement : « Interdire ne résout rien. La meilleure façon de contrôler, c’est de réguler. »
Les voisins font autrement
Le Bangladesh n’est pas seul. L’Inde a imposé des taxes de 30 % sur les gains en crypto, mais autorise les transactions. La Russie tolère les cryptos comme actifs, mais interdit leur usage comme paiement. Le Nigeria a bloqué les transferts bancaires vers les échanges, mais les gens utilisent encore des P2P. Dans tous ces pays, les citoyens ont trouvé des solutions. Seul le Bangladesh a choisi l’isolement.Et ça coûte cher. Les transferts d’argent vers l’étranger coûtent 12 % en moyenne via les banques. Avec les cryptos, c’est 2 %. Chaque année, les Bangladais envoient 22 milliards de dollars à l’étranger. Si même 10 % de ces transferts passaient par la crypto, cela représenterait 2,2 milliards de dollars économisés. Pour les familles rurales, c’est la différence entre manger ou pas.
Le futur : répression ou réforme ?
En 2025, la pression monte. Les 600 000 utilisateurs ne sont pas des pirates. Ce sont des citoyens qui utilisent un outil qui fonctionne mieux que le système officiel. Les jeunes, en particulier, ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent pas utiliser une technologie qu’ils maîtrisent mieux que les banquiers.Les autorités pourraient continuer à ignorer le phénomène - mais cela ne le fera pas disparaître. Elles pourraient essayer de bloquer les app stores ou de forcer les banques à surveiller chaque transaction. Mais cela coûterait cher, serait inefficace, et ferait perdre encore plus de confiance au système financier.
La seule voie durable, c’est la régulation. Reconnaître les cryptos comme actifs, exiger l’identification des utilisateurs, taxer les gains, et intégrer les plateformes comme Binance dans un cadre légal. Le Bangladesh a déjà fait le premier pas en reconnaissant la blockchain. Il est temps de faire le suivant.
Les 600 000 Bangladais sur Binance ne sont pas des criminels. Ils sont les premiers à avoir compris que le système n’arrive plus à les servir. Le gouvernement doit choisir : continuer à lutter contre une tendance inévitable - ou l’encadrer pour en faire un outil au service de son économie.
maxime plomion
novembre 29, 2025 AT 11:47Les banques bangladaises sont un cauchemar. Si la crypto permet d’envoyer de l’argent à sa famille en 10 minutes pour 2%, pourquoi on devrait accepter 15% et 5 jours d’attente ? C’est pas de la rébellion, c’est du bon sens.
Denis Groffe
novembre 29, 2025 AT 21:18Vous croyez que c’est juste une question de banque ? Non. C’est une guerre de contrôle. Le gouvernement a peur que les gens comprennent qu’ils n’ont pas besoin de lui. La blockchain est un outil de libération. Et les régimes autoritaires détestent ça. C’est pas du capitalisme, c’est une révolution silencieuse.
Vianney Ramos Maldonado
novembre 30, 2025 AT 07:33Il est évident que cette « adoption » est orchestrée par des acteurs étrangers cherchant à affaiblir la souveraineté monétaire du Bangladesh. Les États-Unis, via des fonds offshore, financent cette désobéissance civile pour créer un précédent. C’est une stratégie géopolitique, pas une question d’efficacité.